lieuseRentré à la ferme, on déchargeait les gerbes, les hommes formaient une chaîne et on les montait, à l'aide de fourches, dans le fenil en prenant soins de bien les disposer.
Les grains de blé étaient toujours attachés sur les tiges, il fallait maintenant les battre pour en séparer les grains.
Un beau jour d’automne, on voyait arriver la « machine à battre » Un espèce de monstre fumant et pestant, tiré par un tracteur.(1) Les ouvriers de l'entrepreneur et des fermiers voisins, venus donner un coup de main, installaient l'engin dans la cour. La machine était reliée au tracteur par des grandes courroies. Défense absolue de s'en approcher, car il arrivait souvent qu'une courroie quitte ses poulies pour virevolter dans les airs. On devine qu'il ne fallait pas se trouver sur la trajectoire.
Les gerbes étaient redescendues du fenil et envoyées dans la batteuse. Il en ressortait d'un côté des ballots de paille, et de l'autre des sacs de grains prêts pour le moulin.batteuse a vapeur
Des poussières et débris se déplaçaient dans les airs et se collaient aux corps en sueur à cause du mouvement de la machine. Si les chapeaux de paille mettaient de l'ombre sur les visages, le soleil brûlait les bras largement exposés. Mon grand-père, en casquette, avait la peau de la nuque burinée comme un champ de labour.
Les ballots de paille étaient, à leur tour, montés dans le fenil. Les bêtes étaient parées pour l'hiver, la litière étant assurée.
Après cette dure journée de labeur, tout le monde se réunissait autour de la grande table de la cuisine. Ma grand-mère avait préparé de la grosse soupe suivie d'une omelette au lard. Non sans avoir goûter au péket traditionnel!
Le lendemain, l'équipe irait faire le même travail chez un autre fermier.

(1) La photo, trouvée sur internet montre un tracteur à vapeur, donc une époque antérieure. Probablement entre les deux guerres.
Photos : diseaux dans la campagne de Loyers et charrette de foin devant l'église de Ch. de Beaufort
(2) Photos avec les chevaux trouvées sur internet.